17.11.2008

Y a-t-il quelqu'un au bout du fil ?

telephone-homard.jpgC'est parfois la question que l'on peut se poser...

Comme le montre avec brio l'excellent Dr Peuplu, le téléphone est le mal de notre époque. Il met en exergue l'impolitesse de nos contemporains.

Tout le monde le sait, il faut éteindre son téléphone à l'entrée des cinémas, des restaurants mais aussi, et surtout dans les Hôpitaux. C'est marqué partout, pourtant, personne ne le fait.

On peut oublier d'éteindre son téléphone portable, ça peut arriver à tout le monde (quand on sait que les patients restent souvent plus de 2h dans la salle d'attente des Urgences, on pourrait se dire qu'ils auraient eu le temps d'y penser, mais bon, ne faisons pas de mauvais esprit). On se retrouve donc souvent, face à ces situations :

- le gentil patient, dont le téléphone sonne/vibre, qui l'éteint en s'excusant,

- le gentil patient, dont le téléphone sonne/vibre, qui le laisse sonner tout en s'excusant.

Dernièrement, j'ai été confronté à un autre type de patient : Celui qui répond alors que vous lui demandez d'éteindre son téléphone !

Pas celui qui répond un rapide "je suis avec le médecin, je te rappelle après", qu'on croise dans presque toutes les chambres lors des visites dans les services d'hospitalisation, non, non, pas lui. Mais celui qui répond, qui commence à discuter tranquillement alors que vous êtes au beau milieu de l'anamnèse, comme si vous n'étiez pas là...

J'avoue que là, j'ai perdu mon habituel sourire. Je lui ai redemandé d'éteindre son téléphone. Et là, paf ! son 2ème portable se met à sonner et il a répondu... Toute la consultation, il a répondu au téléphone au lieu de se conduire normalement !!!

Comme ce bon Monsieur était trop occupé, je me suis permise de commencer les soins sans le prévenir (de toutes façons, il ne m'écoutait pas à quoi bon...) et sploutch un grosse giclée d'antiseptique sur la plaie ! Malgré un cri de surprise, il n'a pas stoppé ses conversations pour autant !

J'avoue les patients comme ça, ça me met hors de moi. J'ai l'impression de me retrouver dans la peau d'une caissière, juste bonne à être une prestataire de service sur laquelle les gens croient avoir le droit de déverser leur fiel.

Heureusement, on a aussi des patients adorables, qui nous font passer un bon moment malgré les choses parfois difficiles qu'ils traversent. Il faudra que je leur rende un petit hommage un de ces jours...

28.05.2008

Urgences...

Après les Urgences pédiatriques, monde doux et suave où l'on fait son travail sous le regard bienveillant des Aristochats ou de Bambi et où les patients appellent l'externe "Docteur", j'ai retrouvé le monde hostile de l'AMC.

Ce sigle barbare,  signifiant Accueil Médico-Chirurgical, cache en fait la réalité des pathologies qu'on y retrouve. Tout d'abord, on est loin de "l'accueil", ça serait plûtot la mise en contact brutale de soignants et de soignés (l'examen sur un brancard au milieu du couloir entre un patient aviné qui hurle et les brancards qui transitent, on a vu plus convivial) . Ensuite, Les pathologies qu'on y retrouve sont rarement chirurgicales (voir meme moins que rarement). Voilà pour ce qui est du nom.

J'avais pris de mauvais habitudes : j'avais oublié que l'externe n'est qu'un technicien ECG/Gazo (et si on peut lui faire mettre les bassins et amener les patients au toilettes c'est mieux...) et qu'il ne doit surtout pas penser que son travail est bien fait ("Tu es sure qu'il n'y avait pas de fécalome au TR ???" "je peux pas vérifier plus loin que mon doigt !"). Ensuite, j'avais oublié que dans le monde merveilleux des adultes, les gens te menacent en hurlant ("JE VEUX VOTRE NOM !!! VOUS ALLEZ ENTENDRE PARLER DE MON AVOCAT !!!"), te vomissent dessus parce qu'ils sont bourrés...

 Je vais devoir faire un stage aux Urgences adultes l'an prochain... J'en frémis d'avance !

 

18.05.2008

Mot d'enfant

2055833990.jpgHier soir, aux Urgences pédiatriques, une question d'une petite fille qui m'a beaucoup amusée :

"Dis, est-ce que des fois vous fermez ?"

C'est trop mignon ! J'adore les enfants...