28.05.2009

Le malade imaginaire

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J'ai honte. Vraiment honte. Les hommes politiques qui nous gouvernent sont parfois en dessous de tout. Mais là, je crois qu'on touche le fond. J'ai honte que de telles propositions puissent même être faites, mais bon, c'est la démocratie.

Fréderic Lefebvre, porte-parole de l'UMP, a trouvé judicieux de proposer un amendement qui autoriserait de travailler lors d'un congé maladie.

 

Heureusement, levée de bouclier (article du Quotidien du médecin du 28 mai 2009 : Tollé médical contre le travail en arrêt maladie) et indignation générale ont permis que monsieur L. retire cet amendement (Le point). Cependant, ce sinistre personnage ne compte pas en rester là, comme il se plait à le dire sur son site internet.

Je suis outrée à plusieurs titres :

  • en tant que citoyenne : le congé maladie est un droit social fondamental, et y toucher serait un recul incroyable.

 

  • en tant que professionnel de santé : le congé maladie, c'est quelque chose que l'on prescrit. Ce monsieur a-t-il un tel mépris pour les médecins, qu'il pense que leurs prescriptions sont injustifiées ? (J'ai l'impression que les médecins ont une image de plus en plus négative dans la population générale, ça confirme cette impression !) Ce monsieur a-t-il un tel irrespect envers ses concitoyens qu'il les prenne pour des malades imaginaires ? Un arrêt maladie, c'est parce que le patient doit se reposer, qu'il ne peut pas travailler avec sa pathologie. Un congé maladie, ce n'est pas des vacances supplémentaires allouées par le médecin ! Combien de gens auront un métier compatible avec le télétravail et une pathologie ne les empêchant pas de travailler ?

 

  • en tant que potentielle malade : j'exerce une profession où je ne peux pas nécessairement travailler à domicile (et si j'examinais les patients du fond de mon lit ? et les maçons ? et les caissières ? et tous les autres ???), qu'est-ce qu'on me propose ? et la pression des employeurs sur les salariés ?

Liberté, Egalité, Fraternité. Liberté : dans une entreprise, il ne faut pas se leurrer, ce n'est pas le salarié qui l'a, ce n'est pas lui qui décide. Egalité : justement, ce type de mesure ne considère pas tous les salariés comme égaux (il y a eux qui peuvent/doivent travailler pendant leur congé maladie et les autres). Fraternité : justement, si on ne protège pas les malades, elle est où la fraternité ? J'ai l'impression que sous des dehors sympathiques (m'enfin, c'est pour augmenter votre pouvoir d'achat ! c'est pour la protection des salariés ; et la marmotte, elle met le chocolat dans le papier alu...), on essaie de nous faire avaler d'énormissimes couleuvres : le recul des droits sociaux en France.

Bientôt, on proposera aux femmes en congé maternité de travailler (c'est pour augmenter leur pooouuuvoiiir d'achaaaaat !!! elles peuvent travailler pendant que le bébé dort ; on me souffle dans l'oreillette, qu'en fait, ça fait partie du projet!!!). Le droit au repos quand on est malade ou qu'on vient d'accoucher c'est pas pour faire joli.

Ce type m'a donné envie de vomir...

17.11.2008

Y a-t-il quelqu'un au bout du fil ?

telephone-homard.jpgC'est parfois la question que l'on peut se poser...

Comme le montre avec brio l'excellent Dr Peuplu, le téléphone est le mal de notre époque. Il met en exergue l'impolitesse de nos contemporains.

Tout le monde le sait, il faut éteindre son téléphone à l'entrée des cinémas, des restaurants mais aussi, et surtout dans les Hôpitaux. C'est marqué partout, pourtant, personne ne le fait.

On peut oublier d'éteindre son téléphone portable, ça peut arriver à tout le monde (quand on sait que les patients restent souvent plus de 2h dans la salle d'attente des Urgences, on pourrait se dire qu'ils auraient eu le temps d'y penser, mais bon, ne faisons pas de mauvais esprit). On se retrouve donc souvent, face à ces situations :

- le gentil patient, dont le téléphone sonne/vibre, qui l'éteint en s'excusant,

- le gentil patient, dont le téléphone sonne/vibre, qui le laisse sonner tout en s'excusant.

Dernièrement, j'ai été confronté à un autre type de patient : Celui qui répond alors que vous lui demandez d'éteindre son téléphone !

Pas celui qui répond un rapide "je suis avec le médecin, je te rappelle après", qu'on croise dans presque toutes les chambres lors des visites dans les services d'hospitalisation, non, non, pas lui. Mais celui qui répond, qui commence à discuter tranquillement alors que vous êtes au beau milieu de l'anamnèse, comme si vous n'étiez pas là...

J'avoue que là, j'ai perdu mon habituel sourire. Je lui ai redemandé d'éteindre son téléphone. Et là, paf ! son 2ème portable se met à sonner et il a répondu... Toute la consultation, il a répondu au téléphone au lieu de se conduire normalement !!!

Comme ce bon Monsieur était trop occupé, je me suis permise de commencer les soins sans le prévenir (de toutes façons, il ne m'écoutait pas à quoi bon...) et sploutch un grosse giclée d'antiseptique sur la plaie ! Malgré un cri de surprise, il n'a pas stoppé ses conversations pour autant !

J'avoue les patients comme ça, ça me met hors de moi. J'ai l'impression de me retrouver dans la peau d'une caissière, juste bonne à être une prestataire de service sur laquelle les gens croient avoir le droit de déverser leur fiel.

Heureusement, on a aussi des patients adorables, qui nous font passer un bon moment malgré les choses parfois difficiles qu'ils traversent. Il faudra que je leur rende un petit hommage un de ces jours...

28.05.2008

Urgences...

Après les Urgences pédiatriques, monde doux et suave où l'on fait son travail sous le regard bienveillant des Aristochats ou de Bambi et où les patients appellent l'externe "Docteur", j'ai retrouvé le monde hostile de l'AMC.

Ce sigle barbare,  signifiant Accueil Médico-Chirurgical, cache en fait la réalité des pathologies qu'on y retrouve. Tout d'abord, on est loin de "l'accueil", ça serait plûtot la mise en contact brutale de soignants et de soignés (l'examen sur un brancard au milieu du couloir entre un patient aviné qui hurle et les brancards qui transitent, on a vu plus convivial) . Ensuite, Les pathologies qu'on y retrouve sont rarement chirurgicales (voir meme moins que rarement). Voilà pour ce qui est du nom.

J'avais pris de mauvais habitudes : j'avais oublié que l'externe n'est qu'un technicien ECG/Gazo (et si on peut lui faire mettre les bassins et amener les patients au toilettes c'est mieux...) et qu'il ne doit surtout pas penser que son travail est bien fait ("Tu es sure qu'il n'y avait pas de fécalome au TR ???" "je peux pas vérifier plus loin que mon doigt !"). Ensuite, j'avais oublié que dans le monde merveilleux des adultes, les gens te menacent en hurlant ("JE VEUX VOTRE NOM !!! VOUS ALLEZ ENTENDRE PARLER DE MON AVOCAT !!!"), te vomissent dessus parce qu'ils sont bourrés...

 Je vais devoir faire un stage aux Urgences adultes l'an prochain... J'en frémis d'avance !