11.07.2009

Du dysfonctionnement hospitalier

engrenages.jpgL'hôpital, c'est bien. L'hôpital, c'est beau.

C'est une belle mécanique bien huilée où tout doit s'enchaîner aussi fluidement qu'un ballet de Maurice Béjart. Ça, c'est la théorie.

Dans la vraie vien il y a toujours des grains de sable qui font que la machine se grippe (A, ;-)).

C'est l'été et le manque de personnel se fait sentir et parfois, ça me donne envie de hurler.

Il y a des trucs qui me rendent dingue :

  • des prescriptions non réalisées pour des motifs fallacieux (et même quand on assaisonne les gens, ça change rien !), comme par exemple :
    • une sombre histoire de bon ("ah, mais il n'y avait pas de bon").
    • le patient était sur son fauteuil et pas sur le fauteuil roulant, et comme il n'était pas "prêt-à-emporter", il est resté sur place (je me demande à quoi ça sert de marquer URGENT et PRIORITAIRE en gros sur le bon...).
  • d'irritants détails illogiques :
    • Les patients diabétiques qui ont systématiquement du sirop dans leur eau ("Tiens, c'est bizarre ! Avant d'être ici, le diabète était bien équilibré et ici les dextros sont élevés !!!", Bizarre non ?)
    • Des bas de contention tellement lâches que c'est à se demander à quoi ils servent...
    • Des brancardiers tellement peu nombreux qu'ils ont systématiquement 1h de retard et qu'ils arrivent après l'heure des rendez-vous (ce qui fait que les services qui envoient et ceux qui reçoivent les patients s'engueulent régulièrement)

L'été, c'est une période difficile pour les équipes, j'en suis consciente. Tout le monde essaie de faire de son mieux, mais quand il manque du monde, la bonne volonté ne suffit plus.

Mais parfois arrivent des choses que l'on pense impossible (tellement c'est gros !) : les brancardiers qu'on n'emmènent pas le bon patient... Heureusement que c'était pour quelque chose de bénin qui n'a pas provoqué de perte de chance pour le patient ! Ça fait désordre ! Ça a fait du foin, depuis le chef et la cadre de santé discutent de la mise en place d'un système de bracelets d'identification (comme pour les opérés ou les nouveaux-nés) pour ne pas que ça se reproduise.

Vive l'été !

20.03.2009

Lorsque ça dérape

En ce moment personne ne peut l'ignorer, c'est le Sidaction. Alors tout le monde parle du SIDA. Je ne vais pas déroger à la règle.

Il y a des gens, qui font figure d'autorités, qui ont dérapé ces derniers temps.

Le pape : on peut comprendre, qu'en tant que "leader" des catholiques, il prône l'abstinence et la fidélité ; ça parait normal. Que lors d'un voyage africain, il déclare que : "On ne peut pas résoudre le problème du sida avec la distribution de préservatifs. Au contraire, cela augmente le problème", je suis choquée. On ne peut pas nier l'importance de la prévention primaire, quelque soit la pathologie !

Une ministre française, Mme B. : elle est certes ministre, mais son porte-feuille n'a pas vraiment rapport avec la santé ; elle est, sans doute catholique et pratiquante, donc sans doute en accord avec les propos du pape, mais ça n'excuse rien.. Elle déclare : "Ce n'est pas drôle de mettre le préservatif quand on fait l'amour", et "Pour les préservatifs, chacun fait comme il peut et comme il veut !". Ce à quoi, je réponds : "Être séropositif pour le VIH, être sous trithérapie anti-rétrovirale, avoir sur soi le spectre de la mort, ce n'est pas drôle ! Si en utilisant les préservatifs, on peut éviter ça. Utilisons-les !" et "le rôle des pouvoirs publics, c'est d'encourager les politiques de prévention. Le préservatif, ce n'est pas comme on peut et comme on veut. Le préservatif, c'est au départ c'est systématique, puis après on se pose la question de l'enlever."

Après ce coup de gueule, voici une petite vidéo pour plus de légèreté :


16.03.2009

Les concours blancs

concours.jpgUn concours ça se prépare :

 

  • en apprenant des centaines d'items,

 

  • en rédigeant des milliers des cas cliniques,

 

  • en se confrontant aux autres lors des concours blancs. 

 Ce qui est regrettable avec les concours, c'est qu'il y a toujours des histoires d'argent derrière.

En P1 (1ère année), des boites à concours vous mitraillent et essaient de vous convaincre que sans elles, vous n'arriverez jamais à faire partie du club des admis. Ils profitent de la situation et proposent des formules de colles et de cours qui oscillaient entre 1500 et 5000€. C'est à vomir. Heureusement, des systèmes de tutorats se mettent en place pour contrer ces boites à concours.

Une fois la P1 passée, on pourrait croire que ce système est un lointain souvenir. Il n'en est rien.

En D4 (6ème année), le concours de l'internat les Epreuves Nationales Classantes permettent encore aux mêmes de faire tourner leur lucratif business. Il faut se préparer au concours : ils organisent des Conférences d'internat auxquelles on peut s'inscrire à partir de la D2 (4ème année) (pour avoir "spé med" à Toulouse, il faut au moins ça !), ils organisent aussi des concours blancs (50€ par concours blanc) pour pallier aux insuffisances des facultés qui n'en organisent pas.

Les ENC, c'est une ruine : entre les bouquins de cours, les bouquins de cas cliniques, les concours blancs... A quand un tutorat pour les externes ?