16.03.2009

Les concours blancs

concours.jpgUn concours ça se prépare :

 

  • en apprenant des centaines d'items,

 

  • en rédigeant des milliers des cas cliniques,

 

  • en se confrontant aux autres lors des concours blancs. 

 Ce qui est regrettable avec les concours, c'est qu'il y a toujours des histoires d'argent derrière.

En P1 (1ère année), des boites à concours vous mitraillent et essaient de vous convaincre que sans elles, vous n'arriverez jamais à faire partie du club des admis. Ils profitent de la situation et proposent des formules de colles et de cours qui oscillaient entre 1500 et 5000€. C'est à vomir. Heureusement, des systèmes de tutorats se mettent en place pour contrer ces boites à concours.

Une fois la P1 passée, on pourrait croire que ce système est un lointain souvenir. Il n'en est rien.

En D4 (6ème année), le concours de l'internat les Epreuves Nationales Classantes permettent encore aux mêmes de faire tourner leur lucratif business. Il faut se préparer au concours : ils organisent des Conférences d'internat auxquelles on peut s'inscrire à partir de la D2 (4ème année) (pour avoir "spé med" à Toulouse, il faut au moins ça !), ils organisent aussi des concours blancs (50€ par concours blanc) pour pallier aux insuffisances des facultés qui n'en organisent pas.

Les ENC, c'est une ruine : entre les bouquins de cours, les bouquins de cas cliniques, les concours blancs... A quand un tutorat pour les externes ?

13.03.2009

Etudes de médecine

Dans études de médecine, il y a médecine, mais surtout il y a études.

En ce moment, je suis dans une période ou j'étudie, plus que je ne pratique la médecine. Avant, j'aimais bien étudier ; depuis que je suis à la fac, ça devient un poids. On ne peut plus apprendre par gourmandise, comme un pêcher mignon auquel on s'adonne en solitaire. On apprend jusqu'à l'écoeurement, jusqu'à ce qu'on ne supporte plus les livres.

Revisions.JPGQuand on a 18 ans, son bac en poche, on est indestructible, on a peur de rien, l'avenir nous appartient et ce n'est pas 1  ou 2 ans en tête à tête avec des polycopiés qui auront raison de notre enthousiasme et de notre motivation à devenir MEDECIN (dit avec des étoiles dans les yeux, genre on va sauver le monde).

Quand on a 25 ans, on a envie de se construire un avenir extra-professionnel, un amoureux, des projets à 2 (un chez-nous, se reproduire... la vie de grande personne, en fait). On essaie de retrouver cette motivation et cet enthousiasme qui, 6 ou 7 ans auparavant, nous permettait de rester assis face à notre bureau jusqu'à en avoir des escarres sacrées. J'ai beau soulever tous les bouquins de l'étagère, ou fouiller sous le fatras présent sur mon bureau, ma motivation reste bien cachée...

Ce que j'aime dans les études de médecine, c'est surtout la médecine.

En ce moment, on est très peu présent à l'hôpital. Depuis début février, on ne fait que quelques gardes par mois. On en fait tellement peu, que même si on tombe sur le secteur qu'on aime pas, avec des gens pas spécialement agréables, on est content. Parce qu'au moins, on voit des patients.

Je ne sais pas comment font ces super-externes qui bossent 50 items par jours, font 258 987 dossiers par jour. Je suis à la maison presque toute la journée, je traîne les pieds pour aller en conf' et j'aime pas ça. Si celui qui m'a piqué ma motivation pouvait me la rendre...

Merci d'avance

17.09.2008

Le choix

amphi de garnison.jpgCa y est, ça a commencé.

L'amphi de garnison a ouvert : c'est le lieu où, après avoir passé le concours de l'Internat les Epreuves Nationales Classantes, l'étudiant en médecine choisit sa spécialité et le CHU dans lequel il va partir faire son Internat en fonction de son rang de classement.

Ils passent par tranche de 700. Tout se joue là-bas. Spécialité Médicale à Toulouse, Pédiatrie à Reims, Médecine Générale à Lyon ou Psychiatrie à Brest... J'en passe et des meilleures.

Pendant tout l'été, ils se seront fait un sang d'encre à cause des simulations d'affection (CELINE et COLINE). Ca y est, ils seront enfin fixé.

Un choix pour une nouvelle vie !

Félicitations à tous !

(même si les concours sont souvent cruels, que c'est dur et frustrant)

Dans un an ça sera mon tour...

27.08.2008

Le stage de Médecine Générale

Ma promo a inauguré cette année, le stage d'externe chez un médecin généraliste.

exam.jpgCe stage est attendu avec impatience par ceux qui se destinent à la médecine générale. Il a longtemps été demandé par les étudiants et c'est maintenant une réalité. En 3ème année, déjà, nous avons un stage chez un médecin généraliste : 3 matinées pour découvrir une spécialité qu'excercera la moitié d'entre nous, c'était trop peu. C'est pour ça qu'il était essentiel que les externes puissent découvrir le monde de la médecine générale et aussi, celui de la médecine ambulatoire (rares seront les PH et les PU-PH parmi nous !).

 A Purpan, nous passons 1 mois chez 1 praticien volontaire : c'est court, mais c'est déjà ça !

J'aimerais pouvoir faire une description générale de ce stage, mais en fait c'est impossible ! Ce stage dépend beaucoup de la personnalité du maître de stage et de l'étudiant accueilli. Il faudra donc se contenter de ma version des faits...

Techniquement, ce n'est pas forcément le stage le plus palpitant de ma courte vie, pourtant qu'est-ce que j'ai appris !

Mes "actes" médicaux étaient principalement la prise de tension avec un tensiomètre électronique, l'auscultation et la pesée : rien de très palpitant. Poutant, ces gestes-là ont une grande valeur pour les patients : ils sont nombreux à être contrariés si la tension n'est pas la même que d'habitude ou si la balance ne leur dit pas la même chose que la leur. C'est la face cachée de l'iceberg.

En fait, je crois que le plus important dans ce stage, ça a été d'apprendre à lire entre les lignes : arriver à cerner rapidement la personnalité du patient en face de moi, que cache les demandes de prescription, que cache la réponse du médecin. Nous ne sommes pas uniquement là pour voir comment se fait "l'acte" "consultation" ou "l'acte" "visite", mais pour comprendre comment fonctionne un cabinet, comment gère-t-on le court moment que représente la consultation et ce que cela implique (appels de spécialiste, récupération de résultats...), comment gère-t-on le humainement.

Ce stage a été l'occasion de rencontres : avec mon maître de stage (qui a répondu avec beaucoup de patience à toutes mes questions), avec des patients attachants, avec un métier.

Je tiens à remercier les 23 médecins généralistes qui nous accueillent (oui, uniquement 23 volontaires sur toute l'agglomération toulousaine qui compte des centaines de médecins généralistes...), parce que c'est le meilleur moyen de valoriser la Médecine Générale. 

30.06.2008

La Logique

La logique, c'est ce qui caractérise les études de médecine.

Ce matin encore un exemple flagrant : le cours sur le mannequin.

670362_sup.jpgReplaçons le tableau : je suis en stage en gynécologie, j'ai déjà fait les consultations de gynécologie médicale et obstétriques et mes 2 gardes sont déjà effectuées. 

Ce matin, nous avons eu droit à un cours sur "Comment bien réaliser un examen gynécologique" sur un mannequin. Ce cours est extrêment bien fait : en petit groupe, interactif, avec de la pratique, le genre de cours qu'on aurait aimé avoir dans d'autres disciplines. C'est suffisamment rare pour être souligné !

Le seul truc qui est dommage, c'est que pour moi il arrive un peu tard... Je finis à la fin de la semaine. On pratique d'abord, on apprend après.

Logique !

03.06.2008

Les Epreuves Nationales Classantes

383529440.jpgAujourd'hui et demain dans de nombreuses villes de France TOUS nos étudiants en 6ème année de médecine (D4 pour les intimes) passent les ENC.

Les ENC ou ECN ou Epreuves Nationales Classantes ex-concours de l'internat sanctionnent le 2ème cycle des études médicales. Après ce concours, les étudiants obtiennent un classement en fonction duquel ils choisiront une spécialité et le CHU dans lequel ils iront s'y former.

Non, contrairement à ce que les gens croient on ne fait pas la spécialité que l'on veut, comme on veut, où on veut ! D'ailleurs, je tiens à rappeler que pour être généraliste, il faut aussi passer le concours !

C'est un moment extrêmement stressant qui déterminera beaucoup de choses.

MERDE les D4, on pense fort à vous !

27.03.2008

Compagnonnage

Les études médicales sont assez à part dans le lot.

Elles fonctionnent par compagnonnage : un étudiant prend en charge un étudiant plus jeune. Il n'a pas vocation à enseigner et pourtant, il explique, montre aux plus jeunes les rouages du service, de l'examen clinique.

C'est une tache que j'aime bien. Ca permet de faire connaissance avec les plus jeunes (je ne suis pas férue de "soirées médecine" et autres galas). Il faut savoir faire passer des informations importantes malgré des connaissances parfois/souvent (rayer la mention inutile) parcellaires. J'ai souvent l'impression de ne pas savoir assez de choses mais pourtant j'ai envie de leur faire passer le peu que je sais, de façon à ce qu'ils/elles se sentent à l'aise.

J'aimerais parfois que d'autres co-externes s'investissent dans l'accueil des plus jeunes : parce qu'on sait ce que ça fait d'être mal accueilli, et qu'il n'y a rien de pire que les stages de plantes vertes. Pourtant, certains passent devant nos cadets, sans même leur dire bonjour !

Un matin en stage :

- Bonjour ! Tiens mais tu es qui toi ?

- La P2 (= 2ème année)

- mais tu ne t'appelles pas P2 ! Comment tu t'appelles ? Tu es là jusqu'à quand ?

C'est étrange de constater comment nos jeunes se concidèrent : ils ne sont plus que des numéros... Difficile de trouver ça place dans ce cas !

Il y a déjà tellement de raison de se décourager dans ces études, que ce n'est pas la peine d'en rajouter ! Puis il faut bien avoir en tête que nos études, ce ne sont pas l'ENC, on nous bourre tellement la tête qu'on ne pense plus qu'aux dossiers, on rechigne à aller aux cours sur l'annonce diagnostic ("on l'a déjà fait puis ça tombe pas en dossiers, c'est une perte de temps", chacun sa vision des choses mais il était vraiment bien fait ce cours) et trop concentrés sur notre propre apprentissage, on zappe les autres... Pourtant, ça sera ça,notre vie d'interne, annoncer des diagnostics et former les externes !

J'ai fait médecine pour l'humain, donc ça commence par s'occuper des autres, y compris nos futurs confrères !

Ce post, m'a été inspiré par une demoiselle de D1 (=3ème année), qui m'a envoyé un petit mot de remerciement pour lui avoir appris des trucs... c'est super rare et extrêmement gratifiant !