08.11.2009

Under pressure

Je débute mon internat.

C'est une période un peu difficile. On se sent fragile. On a l'impression de ne pas être à la hauteur. Beaucoup de responsabilités tombent sur mes petites épaules fragiles de 1er semestre.

Pour commencer mon planning de garde, j'ai commencé par un week-end. Pour des raisons de facilité et de légèreté des gardes (ce sont des gardes d'étages, c'est à dire qu'on est appelé pour régler les problèmes dans les services au coup par coup), les repos de garde ne sont pas systématiquement pris, nous permettant de faire vendredi-samedi-dimanche (soit une garde du vendredi 18h30 au lundi 9h et repos le lundi). C'est interessant parce qu'on valide 3 gardes (soit la moitié des gardes à faire dans le mois en 1 fois !). Mais c'est long et fatigant.

En premier semestre, on ne sait pas grand chose, la moindre prescription est un combat (quelle posologie, quelle durée, effets secondaires...). Ce n'est pas évident de parfaitement grader le degré d'urgence (on sait que c'est une urgence, mais on ne sait pas forcément dans quelle mesure on peut temporiser). Quand on peut avoir tous les examens rapidement (comme au CHU ou dans les cas cliniques), ce n'est déjà pas facile, mais lorsqu'on est sur un site éloigné, sans plateau technique le week-end, c'est assez cauchemardesque. On est confronté à son inexpérience et à son manque de savoir faire. C'est dur.

Lors de ce week-end de garde, j'ai été appelée pour :

  • un constat de décès (relativement facile),
  • faire une entrée (facile aussi)
  • un petit "malaise" que j'ai été incapable d'étiqueter (ça, déjà, c'est stressant). Le patient va bien et ça ne s'est pas reproduit.
  • une douleur abdominale aiguë, genre s
  • une hématémèse : ça, ça a été un gros moment de solitude, en pleine nuit. J'ai fait ce qu'il fallait et la patiente va bien, mais c'était difficile, angoissant, insatisfaisant.
  • une ischémie aiguë de membre, comme dans les livres. J'ai trouvé le temps que la patiente soit transférée interminable.
  • et je passe un peu de temps dans mon service pour régler les petits problèmes et continuer le suivi de certains patients à suivre comme le lait sur le feu.

La garde est loin d'être terminée, mais j'espère que la suite sera plus calme.

stress at work.jpg

29.03.2009

Je t'aime, moi non plus...

J'aime pas les gardes. Je suis malade rien qu'à l'idée d'y aller (la boule au ventre, la tachycardie, toussa, toussa).

Le problème des gardes, c'est que c'est souvent la loterie : tu peux tomber sur des co-externes sympas, ou pas, sur des internes sympas, ou pas, des chefs sympas ou pas, une équipe sympa ou pas. Ca, c'est pour l'environnement de travail. Puis il y a les patients, qui peuvent être adorables ou odieux.

J'aime pas trop l'UT (Urgences Traumatiques). C'est pas mon truc.

Là bas, tu es le seul externe, donc pas de problème d'incompatibilité d'humeur avec les collègues. Les internes, il n'y en a qu'un, donc ça passe ou pas. Le chef, même combat. Selon ta hiérarchie, tu peux faire le boulet qui suit l'interne comme un chien, ou tu peux gérer un peu les patients. C'est une unité où je ne me sens pas à l'aise, parce que la traumato, c'est un truc avec lequel j'ai du mal.

Claudel_Valse.jpgJ'aime pas rester à la maison avec mes bouquins. J'arrive pas à travailler.

J'ai même l'impression de régresser. Mon travail, c'est d'apprendre à soigner des gens. Pour ça, j'ai besoin de pratique. Là, j'ai l'impression de me rouiller, d'être moins efficace. De perdre un peu le blindage qu'on apprend à acquérir pour supporter tout ça. C'est la première fois que je comprends ces gens qui sont atteints par une certaine inhumanité des urgences, la première fois que j'ai eu envie de pleurer de voir un patient se faire attacher.

Je suis contente d'être un peu allée à l'hosto, ça m'a énormément manqué. J'en avais besoin.

17.11.2008

Y a-t-il quelqu'un au bout du fil ?

telephone-homard.jpgC'est parfois la question que l'on peut se poser...

Comme le montre avec brio l'excellent Dr Peuplu, le téléphone est le mal de notre époque. Il met en exergue l'impolitesse de nos contemporains.

Tout le monde le sait, il faut éteindre son téléphone à l'entrée des cinémas, des restaurants mais aussi, et surtout dans les Hôpitaux. C'est marqué partout, pourtant, personne ne le fait.

On peut oublier d'éteindre son téléphone portable, ça peut arriver à tout le monde (quand on sait que les patients restent souvent plus de 2h dans la salle d'attente des Urgences, on pourrait se dire qu'ils auraient eu le temps d'y penser, mais bon, ne faisons pas de mauvais esprit). On se retrouve donc souvent, face à ces situations :

- le gentil patient, dont le téléphone sonne/vibre, qui l'éteint en s'excusant,

- le gentil patient, dont le téléphone sonne/vibre, qui le laisse sonner tout en s'excusant.

Dernièrement, j'ai été confronté à un autre type de patient : Celui qui répond alors que vous lui demandez d'éteindre son téléphone !

Pas celui qui répond un rapide "je suis avec le médecin, je te rappelle après", qu'on croise dans presque toutes les chambres lors des visites dans les services d'hospitalisation, non, non, pas lui. Mais celui qui répond, qui commence à discuter tranquillement alors que vous êtes au beau milieu de l'anamnèse, comme si vous n'étiez pas là...

J'avoue que là, j'ai perdu mon habituel sourire. Je lui ai redemandé d'éteindre son téléphone. Et là, paf ! son 2ème portable se met à sonner et il a répondu... Toute la consultation, il a répondu au téléphone au lieu de se conduire normalement !!!

Comme ce bon Monsieur était trop occupé, je me suis permise de commencer les soins sans le prévenir (de toutes façons, il ne m'écoutait pas à quoi bon...) et sploutch un grosse giclée d'antiseptique sur la plaie ! Malgré un cri de surprise, il n'a pas stoppé ses conversations pour autant !

J'avoue les patients comme ça, ça me met hors de moi. J'ai l'impression de me retrouver dans la peau d'une caissière, juste bonne à être une prestataire de service sur laquelle les gens croient avoir le droit de déverser leur fiel.

Heureusement, on a aussi des patients adorables, qui nous font passer un bon moment malgré les choses parfois difficiles qu'ils traversent. Il faudra que je leur rende un petit hommage un de ces jours...

28.05.2008

Urgences...

Après les Urgences pédiatriques, monde doux et suave où l'on fait son travail sous le regard bienveillant des Aristochats ou de Bambi et où les patients appellent l'externe "Docteur", j'ai retrouvé le monde hostile de l'AMC.

Ce sigle barbare,  signifiant Accueil Médico-Chirurgical, cache en fait la réalité des pathologies qu'on y retrouve. Tout d'abord, on est loin de "l'accueil", ça serait plûtot la mise en contact brutale de soignants et de soignés (l'examen sur un brancard au milieu du couloir entre un patient aviné qui hurle et les brancards qui transitent, on a vu plus convivial) . Ensuite, Les pathologies qu'on y retrouve sont rarement chirurgicales (voir meme moins que rarement). Voilà pour ce qui est du nom.

J'avais pris de mauvais habitudes : j'avais oublié que l'externe n'est qu'un technicien ECG/Gazo (et si on peut lui faire mettre les bassins et amener les patients au toilettes c'est mieux...) et qu'il ne doit surtout pas penser que son travail est bien fait ("Tu es sure qu'il n'y avait pas de fécalome au TR ???" "je peux pas vérifier plus loin que mon doigt !"). Ensuite, j'avais oublié que dans le monde merveilleux des adultes, les gens te menacent en hurlant ("JE VEUX VOTRE NOM !!! VOUS ALLEZ ENTENDRE PARLER DE MON AVOCAT !!!"), te vomissent dessus parce qu'ils sont bourrés...

 Je vais devoir faire un stage aux Urgences adultes l'an prochain... J'en frémis d'avance !

 

18.05.2008

Mot d'enfant

2055833990.jpgHier soir, aux Urgences pédiatriques, une question d'une petite fille qui m'a beaucoup amusée :

"Dis, est-ce que des fois vous fermez ?"

C'est trop mignon ! J'adore les enfants...