29.03.2009

Je t'aime, moi non plus...

J'aime pas les gardes. Je suis malade rien qu'à l'idée d'y aller (la boule au ventre, la tachycardie, toussa, toussa).

Le problème des gardes, c'est que c'est souvent la loterie : tu peux tomber sur des co-externes sympas, ou pas, sur des internes sympas, ou pas, des chefs sympas ou pas, une équipe sympa ou pas. Ca, c'est pour l'environnement de travail. Puis il y a les patients, qui peuvent être adorables ou odieux.

J'aime pas trop l'UT (Urgences Traumatiques). C'est pas mon truc.

Là bas, tu es le seul externe, donc pas de problème d'incompatibilité d'humeur avec les collègues. Les internes, il n'y en a qu'un, donc ça passe ou pas. Le chef, même combat. Selon ta hiérarchie, tu peux faire le boulet qui suit l'interne comme un chien, ou tu peux gérer un peu les patients. C'est une unité où je ne me sens pas à l'aise, parce que la traumato, c'est un truc avec lequel j'ai du mal.

Claudel_Valse.jpgJ'aime pas rester à la maison avec mes bouquins. J'arrive pas à travailler.

J'ai même l'impression de régresser. Mon travail, c'est d'apprendre à soigner des gens. Pour ça, j'ai besoin de pratique. Là, j'ai l'impression de me rouiller, d'être moins efficace. De perdre un peu le blindage qu'on apprend à acquérir pour supporter tout ça. C'est la première fois que je comprends ces gens qui sont atteints par une certaine inhumanité des urgences, la première fois que j'ai eu envie de pleurer de voir un patient se faire attacher.

Je suis contente d'être un peu allée à l'hosto, ça m'a énormément manqué. J'en avais besoin.

20.03.2009

Lorsque ça dérape

En ce moment personne ne peut l'ignorer, c'est le Sidaction. Alors tout le monde parle du SIDA. Je ne vais pas déroger à la règle.

Il y a des gens, qui font figure d'autorités, qui ont dérapé ces derniers temps.

Le pape : on peut comprendre, qu'en tant que "leader" des catholiques, il prône l'abstinence et la fidélité ; ça parait normal. Que lors d'un voyage africain, il déclare que : "On ne peut pas résoudre le problème du sida avec la distribution de préservatifs. Au contraire, cela augmente le problème", je suis choquée. On ne peut pas nier l'importance de la prévention primaire, quelque soit la pathologie !

Une ministre française, Mme B. : elle est certes ministre, mais son porte-feuille n'a pas vraiment rapport avec la santé ; elle est, sans doute catholique et pratiquante, donc sans doute en accord avec les propos du pape, mais ça n'excuse rien.. Elle déclare : "Ce n'est pas drôle de mettre le préservatif quand on fait l'amour", et "Pour les préservatifs, chacun fait comme il peut et comme il veut !". Ce à quoi, je réponds : "Être séropositif pour le VIH, être sous trithérapie anti-rétrovirale, avoir sur soi le spectre de la mort, ce n'est pas drôle ! Si en utilisant les préservatifs, on peut éviter ça. Utilisons-les !" et "le rôle des pouvoirs publics, c'est d'encourager les politiques de prévention. Le préservatif, ce n'est pas comme on peut et comme on veut. Le préservatif, c'est au départ c'est systématique, puis après on se pose la question de l'enlever."

Après ce coup de gueule, voici une petite vidéo pour plus de légèreté :


16.03.2009

Les concours blancs

concours.jpgUn concours ça se prépare :

 

  • en apprenant des centaines d'items,

 

  • en rédigeant des milliers des cas cliniques,

 

  • en se confrontant aux autres lors des concours blancs. 

 Ce qui est regrettable avec les concours, c'est qu'il y a toujours des histoires d'argent derrière.

En P1 (1ère année), des boites à concours vous mitraillent et essaient de vous convaincre que sans elles, vous n'arriverez jamais à faire partie du club des admis. Ils profitent de la situation et proposent des formules de colles et de cours qui oscillaient entre 1500 et 5000€. C'est à vomir. Heureusement, des systèmes de tutorats se mettent en place pour contrer ces boites à concours.

Une fois la P1 passée, on pourrait croire que ce système est un lointain souvenir. Il n'en est rien.

En D4 (6ème année), le concours de l'internat les Epreuves Nationales Classantes permettent encore aux mêmes de faire tourner leur lucratif business. Il faut se préparer au concours : ils organisent des Conférences d'internat auxquelles on peut s'inscrire à partir de la D2 (4ème année) (pour avoir "spé med" à Toulouse, il faut au moins ça !), ils organisent aussi des concours blancs (50€ par concours blanc) pour pallier aux insuffisances des facultés qui n'en organisent pas.

Les ENC, c'est une ruine : entre les bouquins de cours, les bouquins de cas cliniques, les concours blancs... A quand un tutorat pour les externes ?

13.03.2009

Etudes de médecine

Dans études de médecine, il y a médecine, mais surtout il y a études.

En ce moment, je suis dans une période ou j'étudie, plus que je ne pratique la médecine. Avant, j'aimais bien étudier ; depuis que je suis à la fac, ça devient un poids. On ne peut plus apprendre par gourmandise, comme un pêcher mignon auquel on s'adonne en solitaire. On apprend jusqu'à l'écoeurement, jusqu'à ce qu'on ne supporte plus les livres.

Revisions.JPGQuand on a 18 ans, son bac en poche, on est indestructible, on a peur de rien, l'avenir nous appartient et ce n'est pas 1  ou 2 ans en tête à tête avec des polycopiés qui auront raison de notre enthousiasme et de notre motivation à devenir MEDECIN (dit avec des étoiles dans les yeux, genre on va sauver le monde).

Quand on a 25 ans, on a envie de se construire un avenir extra-professionnel, un amoureux, des projets à 2 (un chez-nous, se reproduire... la vie de grande personne, en fait). On essaie de retrouver cette motivation et cet enthousiasme qui, 6 ou 7 ans auparavant, nous permettait de rester assis face à notre bureau jusqu'à en avoir des escarres sacrées. J'ai beau soulever tous les bouquins de l'étagère, ou fouiller sous le fatras présent sur mon bureau, ma motivation reste bien cachée...

Ce que j'aime dans les études de médecine, c'est surtout la médecine.

En ce moment, on est très peu présent à l'hôpital. Depuis début février, on ne fait que quelques gardes par mois. On en fait tellement peu, que même si on tombe sur le secteur qu'on aime pas, avec des gens pas spécialement agréables, on est content. Parce qu'au moins, on voit des patients.

Je ne sais pas comment font ces super-externes qui bossent 50 items par jours, font 258 987 dossiers par jour. Je suis à la maison presque toute la journée, je traîne les pieds pour aller en conf' et j'aime pas ça. Si celui qui m'a piqué ma motivation pouvait me la rendre...

Merci d'avance

01.03.2009

De l'intimité de nos patients...

TR.jpgIl y a des gestes de la pratique médicale qui ne sont drôles pour personne. Mais l'un d'entre eux traumatise plus particulièrement les messieurs : le Toucher Rectal.

Certains hommes réagissent comme si on leur proposait quelque chose de hautement sexuel.

Il s'agit d'un geste médical sans aucun sous-entendu, qui fait partie de l'examen.

Je n'ai jamais eu aucune patiente qui m'a fait un flan pour éviter le toucher vaginal, ni pour éviter un toucher rectal d'ailleurs. Ca m'est déjà arrivé, aux Urgences, de batailler assez longtemps avec certains messieurs, malgré les informations données sur le pourquoi du comment. Bizarrement, ceux qui bataillent le plus, sont assez similaires avec ceux qui répondent au téléphone pendant la consultation. Et ils ont aussi du mal à considérer que les femmes soient des médecins.

"allo ? oui, je suis avec une gonzesse et elle veut me mettre un doigt au cul !"

c'est bon de sentir son travail (de merde) considéré...

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