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22.04.2008
Urgences : un petit rappel
Parfois, lorqu'on reçoit les patients aux Urgences, on entend des trucs, qui donnent envie de bondir :
"Il va passer bientôt votre chef, parce que ça fait déjà 2h qu'on attend... Si ça continue, on va aller voir notre médecin généraliste !" (C'était à un horaire où les cabinets libéraux sont ouverts !!!)
Je passe aussi les patients/parents agressifs : "C'est inadmissible, ça fait 1/2h que j'attends, je n'ai pas que ça à faire, je travaille demain, moi !" (1/2h d'attente, ce n'est pas énorme, puis c'est vrai qu'en garde, on bosse pas on enfile des perles sans doute !)
Les gens gens les plus pénibles sont souvent les cas les moins graves.
Je suis assez impressionnée, par la quantité d'Urgences qui n'en sont pas... Ca me laisse vraiment songeuse. Les gens ne se rendent pas compte du coût... Juste un petit rappel :
URGENCE n.f.
1. Caractère de ce qui est urgent.
2. Nécessité d'agir vite. <> D'urgence, de toute urgence : immédiatement, sans délai. - Etat d'urgence : régime exceptionnel qui, en cas de troubles graves ou de calamités publiques, renforce les pouvoirs de police des autorités civiles.
3. Cas urgent, nécessitant une intervention médicale ou chirurgicale rapide. Service des Urgences.
URGENT,E adj. (lat. urgens, -entis, pressant)
Qui ne peut être différé ; qui doit être fait, décidé, ect., sans délai.
14:49 Publié dans Pratique médicale | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : médecine, coups de gueule, définition
07.04.2008
Le placebo et moi
Comme j'étais assez insatisfaite de ma note précédente pour le carnaval et même si l'inspiration m'est venue hors délais, je vous soumets une nouvelle note.
Jusqu'à présent, j'avais une image assez étrange du placebo : un médicament uniquement destiné à tromper les esprits faibles. Un petit placebo pour une petite chose et hop ! d'un coup ça allait mieux.
J'ai récemment été confrontée au cas d'une petite jeune fille admise à l'hopital pour douleurs : des douleurs importantes et invalidantes. Ces douleurs, ce n'était pas du chiqué puisqu'elles ont même provoqué des symptômes insimulables. Malgré des doses importantes d'antalgiques, elle continuait à avoir des crises douloureuses, on a quand-même essayé un placebo sur la demoiselle (échec). On a donc été amené a se poser la question de l'influence du psychisme sur le somatique...
Pourtant, on ne peut pas nier l'intrication des deux phénomènes : Placebo-induced changes in FMRI in the anticipation and experience of pain
J'avoue que ce cas m'a amené à me poser la question de l'utilité des thérapeutiques non médicamenteuses et des techniques de médecines complémentaires dans le cas des douleurs chroniques.
Même si ce cas ne s'incrit pas forcément dans ce cadre-là, comment peut-on amener les patients sur une prise en charge très globale de leur douleur, sans leur donner l'impression que l'on ne les prend pas au sérieux ?
Peut-on gagner la guerre uniquement avec l'artillerie lourde, sans s'aider de petits moyens d'artillerie ?
19:56 Publié dans Web | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : carnaval des blogs médicaux, médecine, médicament, placebo
01.04.2008
Le médicament et vous
La relation au médicament est complètement différente selon le côté de l'ordonnancier où l'on se trouve.
- Le patient.
Il reçoit le médicament comme la chose qui peut l'aider/le soigner/le guérir, selon la pathologie dont il souffre. Le médicament peut donc être tour à tour :
-le sauveur ("j'ai pris ce médicament et puis plus rien !),
-le responsable de tous les malheurs ("C'est depuis que j'ai ce médicament que ça ne va plus, docteur"),
-ou le boulet qui vous rattache à votre statut de malade : "j'en ai assez, je trouve que je prends trop de médicaments..."
- Le médecin.
Il est le prescripteur. Le médicament est un auxiliaire qui prolonge l'acte médical, l'acte final qui cloture l'examen clinique. Grâce à qui il espère apporter un plus au patient (qui se doit donc d'être bien observant !). Il explique donc au patient, le pourquoi du comment il faut prendre le médicament, en espérant une bonne Observance (= respect des instructions et des prescriptions du médecin. Petit Larousse).
Là où les choses deviennent croustillantes, c'est lorsque le médecin devient patient. On le sait, comme le dit le proverbe, les cordonniers sont les plus mal chaussés. Et les médecins n'échappent pas à la règle.
Lorsqu'ils sont malades, ils ont tendance à faire leur propre cuisine (plutôt bien, mais bon). Ils sont parfois sérieux, et se font soigner par un confrère... et oh, bizarrerie, ils se comportent comme tous les patients, ils ne sont pas observants !
Moi la première. Faites ce que je dis mais pas ce que je fais : "Oh oui, je le sais bien que je dois prendre mon comprimé tous les jours, mais bon souvent j'oublie, puis j'ai pas envie, puis les anti-histaminiques... "
"... ah finalement, j'aurais mieux fait de prendre mon comprimé. S*****rie d'allergie... Grrrr !!! Tant pis, on essayera de faire mieux demain !"
Les soignants sont souvent les plus "mauvais" patients. Est-ce que mes propres difficultés d'observance m'aideront à rendre mes patients plus observants ?
08:00 Publié dans Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : carnaval des blogs médicaux, médecine, médicament


