09.02.2010
La boulette
S'il est quelque chose qui fait partie de la pratique médicale, c'est la visite médicale.
Nous rencontrons régulièrement des visiteurs médicaux, venant consciencieusement nous présenter leur argumentaire.
Comme je suis une jeune interne et que ça m'amuse encore, je fais mine de m'intéresser à ce qu'ils m'expliquent (non, je n'ai pas oublié ce que nous a seriné le prof de pharmaco pendant des années, "les laboratoires ne sont pas des philanthropes, soyez méfiants !" (enfin, ça, c'est la version policée...), puisque je me suis même abonnée à PRESCRIRE). Ces braves gens sont nombreux, ils nous présentent des produits assez similaires (plusieurs laboratoires font des insulines, des anti-hypertenseurs, ou autre).
J'ai une très mauvaise mémoire des noms. Quand je vois le visiteur, j'essaie de me rappeler quel est le produit qu'il présente, par politesse. Je n'y arrive jamais... Mais il y a pire que d'oublier le produit, il y a la confusion entre les labo !
Je crois que j'en ai un peu vexé un (très gentil au demeurant).
Pensant l'avoir bien identifié, je lui demande s'il représente bien telle et telle insuline.
- Joli trait d'humour !
- Ah, c'était pas celles là ?
Grand moment de solitude... Je me suis confondue en excuse.
Ca a beaucoup fait rire mon chef.
Est- ce révélateur de ce que ce que représente la visite médicale pour moi ?
La question reste entière.

23:48 Publié dans Pratique médicale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : médecine, visiteur médicale, laboratoires pharmaceutiques, médecins
25.01.2010
Tour d'horizon
Le 1er semestre est déjà bien entamé et j'ai envie de faire un petit tout d'horizon.
Je suis bien moins stressée qu'il y a 3 mois, mais quelques doutes persistent.
J'ai l'impression d'arriver à m'en tire mais j'ai aussi l'impression que j'ai oublié beaucoup de ce que j'ai appris pendant mon externat. J'ai parfois l'impression que mes dossiers ne sont pas aussi bien ficelés que quand je rédigeais mes cas cliniques.C'est râlant !
J'ai aussi l'impression d'être dans une douce torpeur dans l'annexe d'un hôpital périphérique. L'avenir est flou, comme cette formation de 3ème cycle à laquelle j'ai l'impression d'être totalement hermétique.La réflexion sur l'angéle bio-médico-psycho-social, sans casser la dynamique de groupe, c'est pas mon truc. C'est dommage, mais j'ai pas l'impression que ça m'aide beaucoup à avancer dans ma formation...
Trêves de raleries, j'ai aussi eu de "beaux" moments, intenses, formateurs.
Ces fou-rires irrépressibles, incontrôlables quand mes nefs lâchent (souvent en fin de visite).
Des patients qui m'ont émue, en dépit de choses parfois dramatiques à traverser (une pensée un peu spéciale pour ce monsieur, dont je surveillais la transfusion le 31 décembre ou cette dame, démente mais toute calme, très sourde très âgée, à qui je devais parler au creux de son oreille droite pour qu'elle m'entende).
Des familles dont le contact m'a beaucoup touché (notamment cet homme qui a accompagné jusqu'au bout sa femme, effondré de la perdre après 70 ans de mariage, et son fils qui veillait sur eux 2 ; cet autre fils qui secouait le corps de son père, espérant le faire se réveiller ; tous les autres aussi...).
Des patients qui m'ont fait "peur", mais qui s'en sont tirés (comme mon "choc" du nouvel an, qui va bien aujourd'hui).
Un grand professeur, le Pr V. dit que "c'est quand on est seul, qu'on apprend vraiment". Même si ça me fait souvent râler et que mes artères s'en souviennent, je crois qu'il a un peu raison.
01:08 Publié dans Etudes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : jeune médecin, internat, médecine, 1er semestre
08.11.2009
Under pressure
Je débute mon internat.
C'est une période un peu difficile. On se sent fragile. On a l'impression de ne pas être à la hauteur. Beaucoup de responsabilités tombent sur mes petites épaules fragiles de 1er semestre.
Pour commencer mon planning de garde, j'ai commencé par un week-end. Pour des raisons de facilité et de légèreté des gardes (ce sont des gardes d'étages, c'est à dire qu'on est appelé pour régler les problèmes dans les services au coup par coup), les repos de garde ne sont pas systématiquement pris, nous permettant de faire vendredi-samedi-dimanche (soit une garde du vendredi 18h30 au lundi 9h et repos le lundi). C'est interessant parce qu'on valide 3 gardes (soit la moitié des gardes à faire dans le mois en 1 fois !). Mais c'est long et fatigant.
En premier semestre, on ne sait pas grand chose, la moindre prescription est un combat (quelle posologie, quelle durée, effets secondaires...). Ce n'est pas évident de parfaitement grader le degré d'urgence (on sait que c'est une urgence, mais on ne sait pas forcément dans quelle mesure on peut temporiser). Quand on peut avoir tous les examens rapidement (comme au CHU ou dans les cas cliniques), ce n'est déjà pas facile, mais lorsqu'on est sur un site éloigné, sans plateau technique le week-end, c'est assez cauchemardesque. On est confronté à son inexpérience et à son manque de savoir faire. C'est dur.
Lors de ce week-end de garde, j'ai été appelée pour :
- un constat de décès (relativement facile),
- faire une entrée (facile aussi)
- un petit "malaise" que j'ai été incapable d'étiqueter (ça, déjà, c'est stressant). Le patient va bien et ça ne s'est pas reproduit.
- une douleur abdominale aiguë, genre s
- une hématémèse : ça, ça a été un gros moment de solitude, en pleine nuit. J'ai fait ce qu'il fallait et la patiente va bien, mais c'était difficile, angoissant, insatisfaisant.
- une ischémie aiguë de membre, comme dans les livres. J'ai trouvé le temps que la patiente soit transférée interminable.
- et je passe un peu de temps dans mon service pour régler les petits problèmes et continuer le suivi de certains patients à suivre comme le lait sur le feu.
La garde est loin d'être terminée, mais j'espère que la suite sera plus calme.

23:30 Publié dans Garde | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : 1er semestre, début internat médecine, jeune médecin, médecine, gardes, ressenti
28.09.2009
L'amphi de garnison
Il a fallu se lever tôt pour se rendre dans une nouvelle grand messe des études médicales : l'amphithéâtre de garnison.
Plantons un peu le décor, histoire de mieux comprendre de quoi il retourne.
Une fois les ECN passées, les classements tombés, les longs mois d'attente à se torturer sur d'incertaines simulations enfin terminés, les carabins sont convoqués par tranche de 600/700 par jour (selon le rang de classement) pour aller choisir leur affectation (ie leur spécialité et la région dans laquelle ils vont faire leur internat) à Lognes, un lointain coin d'Ile de France.
Je suis étudiante dans une faculté du Sud de la France. Le TGV ne relie pas "ma ville" à Paris. "Monter" à Paris, c'est donc toute une expédition.
Etant donné que je travaille comme FFI (faisant fonction d'interne, puisque mon internat ne début qu'en Novembre, je n'ai pas encore le titre), je ne pouvais pas rater plus d'une journée de boulot, j'ai donc choisi de faire l'aller-retour en avion dans la journée.
Ca a été une journée de course dans les transports.
En suite, est venu le moment du choix. C'est assez différent de ce que j'avais imaginé. La salle est assez petite. Le responsable appelle les gens à la vitesse de l'éclair. Ca va vraiment très vite (il y a environ 100 étudiants à l'heure qui choisissent).
Je ne sais pas comment peuvent faire les gens qui hésitent. Ca va tellement vite ! Pour bien se rendre compte de ce qui reste, ça a beau être écrit, mieux vaut avoir les idées claires !
Vu que je savais exactement ce que je voulais et qu'il restait des postes d'interne de médecine générale dans la ville que je convoitais, ça a été. Pour moi, le bilan est positif.
L'amphi de garnison, c'est aussi de grands moments d'émotion : la joie future chirurgienne qui a eu une des dernières places de chirurgie alors que les simulations lui fermaient cette voie, les larmes de cette jeune femme, déchirée de voir son compagnon partir loin d'elle pour réaliser la spécialité de ses rêves.
J'avoue que ça rend plus palpable les changements extra-hospitaliers de ma vie mais choisir une autre ville que la ville rose, ça m'a fait un gros pincement au coeur... Je dois quitter un environnement de travail vraiment super. Mais bon, comme dit un "sage" de mon entourage "eh ! t'es mignonne, mais ce n'est qu'un boulot !".
En route vers de nouvelles aventures !
08:00 Publié dans Etudes | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : ecn, enc, externat, internat, amphi de garnison, amphithéâtre de garnison, études médicales, études de médecine
27.09.2009
De l'autre côté
Ca fait drôle de l'autre côté.
Pas de l'autre côté de la blouse (non, pour ça, je touche du bois), mais dans la peau de "l'autre", l'interne qui accueille des externes, leur trouve des choses à faire (non pas d'ECG, mais des MMSE, des tests d'hypotension orthostatique, des coups de fil... ).
C'est d'autant plus difficile que nos externes entrent en D4 (ie en 6ème année de médecine), ils ont juste un an de moins que moi.
Le jour de leur arrivée, c'était un peu cauchemardesque : 6 externes, 19 lits. Ils ont tous suivi la visite. Comme la chef a du s'absenter, ils ont dû suivre "ma" visite. Ma visite, c'est pas très intéressant : je ne me sens pas de leur faire un mini-cours à chaque chambre, alors c'est un peu sommaire.
Cette visite là, c'était un peu un grand oral à chaque chambre : le patient, inquiet de voir tant de monde, six paires d'yeux avides d'informations, et mon stress qui monte... Je n'aime pas trop ça.
Maintenant, ça va un peu mieux : ils ont des patients attribués, donc ils suivent surtout leurs patients. Il y a moins de monde, je suis plus sereine.
C'est étrange, encadrer 1 ou 2 étudiants à la fois, ça me va ; plus ils sont nombreux, plus c'est difficile.
Encore une responsabilité supplémentaire. C'est sur, grâce à ce stage, je suis prête pour le mois de Novembre !
18:30 Publié dans Etudes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : médecine, internat, externat, évolution, études de médecine


