24.06.2009
La "belle" gériatrie
Actuellement, je découvre un univers inhospitalier : une unité de court séjour Alzheimer.
C'est une unité où on accueille des patients atteints de "SPCD" pour Symptômes PsychoComportementaux liés à la Démence.
Une façon plus synthétique de dire : agressivité verbale, agressivité physique, agitation verbale, agitation psychomotrice, troubles du cycle veille-sommeil, troubles du sommeil, déambulation et j'en passe et des meilleures qui rendent le maintien à domicile/en maison de retraite "délicats".
Ce secteur, ce n'est pas de la "belle" gériatrie, telle que je l'avais découverte. Les patients sont déments, désorientés, parfois agités et violents. On ne fait pas de beaux diagnostics qui aident à avoir un "successfull ageing". On essaie de poser des diagnostics précis de maladies neuro-dégénératives (notamment la très connue, oui, tu sais bien ! Celle qui commence par un A et qui touche la mémoire...), d'évaluer les patients et leur degré de démence, mais surtout, de trouver des solutions pour rendre leurs troubles du comportement moins invivables, sans pour autant les "casser" avec des neuroleptiques (ça c'est facile à faire, mais ça n'a aucun intérêt !!!).
J'avais un peu peur d'aller dans ce secteur. La présence d'une "unité protégée" (façon plus délicate de dire "secteur fermé" pour éviter les fugues des patients entre autre), où sont confinés les plus agités, ne me rassurait pas. Le fait que tout le monde porte un "DATI" (un Dispositif d'Alerte et de détection pour Travailleur Isolé, en gros un truc qui permet de prévenir les collègues si jamais il y a du grabuge) dans la poche de la blouse non plus.
Même si c'est un peu difficile, on a quand même un des rôles les moins durs. Il faut rendre hommage aux aides-soignantes et aux infirmières qui sont en première ligne face à ces comportements violents. Ce n'est pas pour rien, si le turn-over est important et que les postes ont du mal à être pourvus.

Finalement, on s'habitue à cette ambiance un peu irréelle, où tout est fermé à clé, où il faut un passe (une petite cuillère ou une paire de ciseau font l'affaire des externes), où parfois la matinée se déroule dans les cris.
En prenant un peu de recul, on comprend mieux les choses : les SPCD qui découlent naturellement de la maladie (quand on perd les clés pour comprendre son monde, on est effrayé et on se défend, comme on le voit sur la vidéo de France Alzheimer), la souffrance du patient, la souffrance des familles.
Il a raison le vieux chef, c'est en cotoyant les malades, qu'on la comprend mieux cette satanée maladie !
19:13 Publié dans Pratique médicale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : gériatrie, gérontologie, médecine, alzheimer
16.06.2009
M. Marchou, ce héros
M. Marchou :
- il est le chef de service du SMIT (Service des Maladies Infectieuses et Tropicales).
- il est médecin.
- il est enseignant réputé impitoyable auprès des carabins toulousains.
Ce monsieur a un sacré caractère (il m'a mit dehors de son service à cause d'un problème de document non transmis par la secrétaire, il y a quelques années : "vous êtes charmante, mais rentrez chez vous"), mais il est aussi un enseignant qui cherche à nous faire progresser.
C'est également un homme plein de bon sens. Le bon sens, ça devient une denrée rare ! A l'heure, où l'on n'entend que les catastrophistes de tous poils nous prédire une apocalypse grippale sur fond de crise mondiale, il ose dire "NON !" et remettre les choses en perspective. Il faut du cran pour ça.
Merci cher maître de remettre un peu les pendules à l'heure !
00:25 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : médecine, actualité, grippe a, h1n1, bon sens
03.06.2009
Epreuves Nationales Classantes
11:54 Publié dans Etudes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
02.06.2009
La grand messe
Demain, dans 7 villes de France (Clermont-Ferrand, Lille, Marseille, Poitiers, Strasbourg, Toulouse et Villepinte) seront réunis quelques 6362 étudiants de DCEM4 (6ème année de médecine).
Les Épreuves Nationales Classantes.
Cette grand messe remplace l'ex-concours de l'Internat. Ce n'est plus un concours, parce que tout le monde sera interne. Mais c'est là que se décide la spécialité et la région d'affectation. Les enjeux sont importants.
Demain après-midi, jeudi toute la journée et vendredi matin, nous plancherons tous à l'unisson.
Stress.

11:30 Publié dans Etudes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : études de médecine, ecn, enc, epreuves nationales classantes, epreuves classantes nationales, concours de l'internat, d4, dcem4, concours
28.05.2009
Le malade imaginaire

J'ai honte. Vraiment honte. Les hommes politiques qui nous gouvernent sont parfois en dessous de tout. Mais là, je crois qu'on touche le fond. J'ai honte que de telles propositions puissent même être faites, mais bon, c'est la démocratie.
Fréderic Lefebvre, porte-parole de l'UMP, a trouvé judicieux de proposer un amendement qui autoriserait de travailler lors d'un congé maladie.
Heureusement, levée de bouclier (article du Quotidien du médecin du 28 mai 2009 : Tollé médical contre le travail en arrêt maladie) et indignation générale ont permis que monsieur L. retire cet amendement (Le point). Cependant, ce sinistre personnage ne compte pas en rester là, comme il se plait à le dire sur son site internet.
Je suis outrée à plusieurs titres :
- en tant que citoyenne : le congé maladie est un droit social fondamental, et y toucher serait un recul incroyable.
- en tant que professionnel de santé : le congé maladie, c'est quelque chose que l'on prescrit. Ce monsieur a-t-il un tel mépris pour les médecins, qu'il pense que leurs prescriptions sont injustifiées ? (J'ai l'impression que les médecins ont une image de plus en plus négative dans la population générale, ça confirme cette impression !) Ce monsieur a-t-il un tel irrespect envers ses concitoyens qu'il les prenne pour des malades imaginaires ? Un arrêt maladie, c'est parce que le patient doit se reposer, qu'il ne peut pas travailler avec sa pathologie. Un congé maladie, ce n'est pas des vacances supplémentaires allouées par le médecin ! Combien de gens auront un métier compatible avec le télétravail et une pathologie ne les empêchant pas de travailler ?
- en tant que potentielle malade : j'exerce une profession où je ne peux pas nécessairement travailler à domicile (et si j'examinais les patients du fond de mon lit ? et les maçons ? et les caissières ? et tous les autres ???), qu'est-ce qu'on me propose ? et la pression des employeurs sur les salariés ?
Liberté, Egalité, Fraternité. Liberté : dans une entreprise, il ne faut pas se leurrer, ce n'est pas le salarié qui l'a, ce n'est pas lui qui décide. Egalité : justement, ce type de mesure ne considère pas tous les salariés comme égaux (il y a eux qui peuvent/doivent travailler pendant leur congé maladie et les autres). Fraternité : justement, si on ne protège pas les malades, elle est où la fraternité ? J'ai l'impression que sous des dehors sympathiques (m'enfin, c'est pour augmenter votre pouvoir d'achat ! c'est pour la protection des salariés ; et la marmotte, elle met le chocolat dans le papier alu...), on essaie de nous faire avaler d'énormissimes couleuvres : le recul des droits sociaux en France.
Bientôt, on proposera aux femmes en congé maternité de travailler (c'est pour augmenter leur pooouuuvoiiir d'achaaaaat !!! elles peuvent travailler pendant que le bébé dort ; on me souffle dans l'oreillette, qu'en fait, ça fait partie du projet!!!). Le droit au repos quand on est malade ou qu'on vient d'accoucher c'est pas pour faire joli.
Ce type m'a donné envie de vomir...
11:13 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : coups de gueule, médecine, respect, politique, frédéric lefebvre, congé maladie, arrêt de travail, respect du citoyen, respect du médecin, respect du malade



